Alexis MOSSA (1844-1926)

Alexis MOSSA (1844-1926) Retraite en l'honneur de la reine, 1890 Aquarelle sur papier, signée, titrée et datée 33 x 47,5 cm (à vue) , exposé à la galerie agnes thiebault
Alexis MOSSA (1844-1926) Retraite en l'honneur de la reine, 1890 Aquarelle sur papier, signée, titrée et datée 33 x 47,5 cm (à vue)

Alexis Mossa est un peintre de genre, de figures et de paysages né le 15 octobre 1844 à Santa-Fe de Bogota(Colombie) de parents niçois (François-Isidore Mossa - issu d'une famille savoyarde établie à Nice vers 1730, 

Il entera à l'école des beaux-arts de Paris en 1861 où l'enseignement académique de François-Edouard Picot et d'Alexandre Cabanel fera de lui un peintre de genre exposant au Salon à partir de 1866

Des ressources qu'il tire de ventes de ses toiles et aquarelles, mais aussi d'affiches publicitaires (telles que pour Vilmorin), permettent à Alexis de mener à Paris une vie de bohème, fréquentant les cercles artistiques et littéraires, aimant le village de Barbizon, côtoyant les frères Goncourt, Henri Regnault, Jean-François Millet ou Catulle Mendès3.

Déçu toutefois par le manque de reconnaissance de la capitale (malgré ses relations qui vont jusqu'à Ingres, il ne sera jamais lauréat du Prix de Rome4), Alexis Mossa ambitionne, à titre de revanche sur le destin, de devenir une personnalité artistique niçoise de premier plan. Revenu à Nice en 1869, il donne en 1872 des cours de peinture à l'intérieur du Palais Marie-Christine, sur la Promenade des Anglais, à des élèves prestigieux (comme le consul d'Angleterre, le comte et la comtesse de Neuville), décore de riches villas, fonde la Société des beaux-arts de Nice en 1876 puis l'École nationale des arts décoratifs de Nice en 1881, est élu adjoint au maire de Nice en 1886, œuvre à la création du musée municipal dont il devient conservateur en 1905.

Parallèlement à tout cela, il convient, au lendemain de 1870, de faire oublier à la riche clientèle d'hivernants niçois, venant du monde entier, les tourments de la guerre, de la chute du Second Empire et de la Commune. Alexis s'implique dès 1873 dans le comité qui se crée à cet effet, organisant le premier des défilés de chars qui deviendront en 1882 le Carnaval de Nice. Alexis est alors considéré comme le grand imagier du carnaval5: les projets de chars, les albums de carnaval et les affiches qu'il peint vont, par leurs références culturelles, par leur originalité, voire leur drôlerie, aboutir à un univers proche du fantastique (ils inspireront le Carnaval de La Nouvelle-Orléans), mêlant les personnages mythiques, symboliques ou allégoriques ("Sa Majesté Carnaval", "Madame Carnaval" sont ses créations1) aux figures historiques locales. Son fils Gustav-Adolf Mossa (1883-1971), qui fut aussi son élève, poursuivra dans cette voie. Mobilisé durant la Première Guerre mondiale, Gustav-Adolf est grièvement blessé le 18 novembre 1914. Son hospitalisation à Houlgate inspire à Alexis, moralement brisé, une suite allégorique douloureuse de cent aquarelles peintes entre la fin 1914 et 1916 et constituant l'ensemble intitulé La Satanique Tragédie6. Cette part symboliste majeure d'Alexis Mossa sera exposée à Nice en 2001 (voir Expositions ci-dessous)7.

C'est en 1920 que, fatigué et éprouvé, Alexis quitte le quartier Sainte-Hélène où se situait sa résidence-atelier pour se retirer dans le quartier Saint-Isidore de Nice où, malade, il s'éteindra à l'âge de 82 ans.

On connaissait moins de son vivant les aquarelles d'Alexis Mossa8 qu'il exposait rarement9. Elles ne furent vraiment révélées que cinquante ans après son décès (en fait après la disparition de Gustav-Adolf qui les avait gardé confidentielles dans des cartons à dessins), lorsque le 2 avril 1976 une étude parisienne10 mit en vente aux enchères à l'Hôtel Drouot 140 d'entre elles, généralement de format 26×20cm (Gérald Schurr évalue qu'il en signa en fait plus de 8.00011, Raoul Mille estimant qu'il en peignait 300 chaque année12), révélant que l'émerveillement initial d'Alexis face aux lumières colombiennes ou niçoises s'était de même produit en Italie (à Venise, Gênes, Pise, Sienne ou Florence), dans la Forêt de Fontainebleau, en Normandie, à Bendejun, à la Porte des Barres du Cians ou au Baou de Saint-Jeannet à Vence13. Pour une part d'entre elles (exposition au Musée du Palais Lascaris en Décembre 2002 - janvier 200314), ces aquarelles ont le mérite historique de recenser et décrire un patrimoine ecclésial méconnu ou oublié15.

Le besoin de classer par genres fit dire alors qu'Alexis Mossa était peintre paysagiste à l'encontre de Gustav-Adolf qui fut symboliste. La réalité, plus fusionnelle car ils voyagèrent et peignirent beaucoup ensemble4, est qu'ils furent tous deux à la fois l'un et l'autre.

Il est également l'auteur de projets d'architecture. Il est mort le 2 décembre 1926 à Nice où une rue porte aujourd'hui son nom.

Informations and price on request 

Note : veuillez remplir les champs marqués d'un *.