Willy Mucha 

 est né le 16 avril 1905 (à moins que ce ne soit en 1919), à Varsovie d'après ce qu'il laissait entendre. Mais sa biographie précise reste floue... Lui-même laissait planer le doute sur une possible parenté avec Alfons Mucha, son homonyme tchèque, célèbre peintre, graphiste et décorateur du début du siècle (1860-1939). 

Sa vie et son oeuvre sont présentés dans son autobiographie « À l'ombre du clocher » (éd. Éole, Paris, 1989 ISBN 2-86333-0098), malheureusement quasi-introuvable...

Après des voyages dans toute l'Europe, il fut l'élève du peintre-graveur polonais Ladislas ZKOCZYLAS, et fit ensuite des études en France (à Caen). Il participa à la guerre d'Espagne, puis s'installa à Collioure avant la guerre. Engagé dans la Résistance en 1940, il s'établit définitivement à Collioure à la fin de la guerre, 16 rue du Miradou, dans cette maison de lumière où il hébergeait tous les étés son ami H.F.Rey, qui habitait Cadaquès, ainsi que de nombreux artistes peintres des années 50, et Barjavel lors du tournage de Jour de feu.

En plus des dessins au trait qui sont l'objet de l'album Collioure, son oeuvre peinte est effectivement un hymne à la lumière et à la couleur, inspiré par la réalité des lieux qu'il transfigure en éblouissements presque abstraits où le thème de la sphère (soleil levant ou couchant) est récurrent. 

Contrairement à Barjavel, il aimait bien Picasso :

Mon ami René Barjavel écrit dans Les Nouvelles Littéraires à propos de Picasso les lignes suivantes : « Faute de pouvoir embrasser la beauté, il la mis en pièces, il désossa la figure humaine et l'objet, et les étala sur toutes ses toiles en fragments anatomiques. Chacun de ses tableaux est un bourgeonnement anguleux de rancunes envers le tableau qu'il aurait pu peindre à sa place, s'il avait réussi à être Picasso » Je ne suis pas d'accord en l'occurence avec Barjavel qui s'est montré, là, excessif, car il ne veut pas admettre la liberté, tellement précieuse, en matière de création.

Il a réalisé les vitraux modernes de la chapelle d'Argelès-Plage et aussi illustré des livres (tels que « Histoire de Minnie Balinbadour, eaux-fortes de Willy Mucha. » de Michel Déon)

Peu connu à présent, et souffrant surtout de la confusion fréquente avec son homonyme Alfons Mucha, il lui reste des admirateurs surtout en Amérique Latine (où il a également produit et exposé dans les années 60), ainsi que des collectionneurs passionnés.

En dépit de son attachement à la région et de l'hommage que ses toiles rendait à la cité languedocienne, les habitants de Collioure l'ont rayé de l'histoire du village... Il a certes éprouvé des difficultés à s'intégrer au monde Catalan, de mentalité et d'exhubérance très différentes des siennes, et reconnaissait :

Ô Collioure, si mes racines ne sont pas dans ta terre, elles le sont dans ton ciel.

Mais il lui a en particulier été reproché d'avoir vendu sa précieuse collection de clochers : ayant fréquenté tout ceux qui comptaient dans le paysage culturel de l'époque, chaque fois qu'il les recevait chez lui, il leur demandait de dessiner le clocher de Collioure (ancien phare), très voisin de sa maison dont la terrasse le dominait : des oeuvres de Picasso, Dali, Lhote, Survage, Dufy, Ponç, Pignon, Coutaud, Bandeira ou, plus anecdotiquement, Michèle Morgan, sont entreposées au Musée Rigaud de Perpignan. 

Son livre d'or est quant à lui depuis peu l'objet d'une exposition itinérante, ainsi du 18 décembre 2001 au 17 mars 2002 au musée Goya à Castres, puis il sera appeler à circuler dans un bon nombre de grandes villes y compris aux États-Unis (voir [ la page de présentation ] ou (son miroir) ) Mais, pendant les 50 ans de son séjour à Collioure, jamais une exposition de ses oeuvres n'a été organisée sur place, alors qu'il avait fait rayonner le nom de Collioure partout où il passait. Ce n'est qu'en 1989, pour ses 84 ans, que fut organisée la première exposition à lui être consacrée dans son département, au Palais des rois de Majorque à Perpignan.

Après un accident d'origine cardiaque en 1985, sa santé fragile l'a contraint à ne plus quitter Collioure. Un hommage lui a été rendu à la tour Eiffel au début des années 90 en présence de nombreuses personnalités, et une exposition rétrospective fut organisée par la mairie d'Issy lès Moulineaux en octobre 1990.

Il est mort le 2 mars 1995.

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